L’importance de savourer la vie

L’importance de savourer la vie

Un jour, à un moment qu’on ne décide pas, notre corps – ou une partie de notre corps – décide de nous lâcher. Les malaises, les accidents et les arrêts arrivent à tout moment : en se levant le matin, en cuisinant, en jouant au tennis, assis sur les toilettes, en conduisant… Et alors que nous menions notre vie d’une certaine façon, confiants d’avancer dans une certaine direction, notre élan se voit stoppé par des étourdissements, des douleurs abdominales, un os qui se brise, le cœur qui arrête, le souffle qui coupe, la santé mentale qui flanche, l’inflammation qui se déclenche, etc.

La vie est fragile.

Combien de fois l’avons-nous entendue celle-là, et pourtant on ne s’en rend réellement compte que lorsque nous sommes personnellement touchés par cette fragilité. Juste autour de moi…

… j’ai vu plusieurs amis basculer intérieurement et entrer en psychiatrie à l’Hôtel-Dieu.

… j’ai rencontré un excellent danseur qui, moins d’un an plus tard, perdait l’usage de ses jambes après qu’un arbre lui ait tombé dessus.

… j’ai dernièrement rencontré un homme dans la quarantaine qui essaie de vivre avec un stress post-traumatique sévère après avoir vécu un grave accident en pratiquant un de ses sports préférés.

… une amie proche a vu ses plans de vie complètement chamboulés suite à un diagnostic de sclérose en plaques.

… un ami a perdu l’usage d’un bras après avoir eu un accident de chasse juste avant ses 20 ans.

… une amie m’a raconté comment sa vie était radicalement différente avant qu’elle paralyse sans raison, au début de la trentaine.

Et j’en passe.

 

Jour après jour, des vies sont transformées, bousculées, chamboulées, modifiées, pour le meilleur ou pour le pire. Bonheur ou malheur… qui sait ?

 

C’est à ça que j’ai goûté dans les mois où l’inflammation a envahi mon corps et que chaque jour était différent du précédent, parfois mieux, parfois pire. Alors que chaque geste était difficile, j’avais l’impression de toucher à la mort. Je me souvenais de l’avant, « quand ça allait bien », et je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’un jour, « that would be it ».  Oui, un jour ma santé flanchera et ne remontera pas. Combien de pensées ai-je eues pour ces personnes, jeunes ou moins jeunes, qui voient tranquillement la vie s’éteindre en eux.

Presque chaque jour, j’écris dans mon journal toute la gratitude qui m’habite pour la remontée que j’ai vécue. Je savoure chaque petit geste du quotidien que je fais sans douleur et je pleure de joie quand je marche en nature, sur un sol inégal, sol qui m’était inaccessible il n’y a pas si longtemps encore.

Je me souhaite de toujours rester connectée intérieurement à cette fragilité, afin de continuer à savourer l’instant comme je le fais présentement et à vivre des dizaines de petites victoires au quotidien. Car oui, chaque geste, chaque pas, chaque connexion cérébrale, chaque aliment digéré, chaque respiration, chaque battement de cœur…

… tout ça, ce sont des victoires à célébrer.

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