De la stabilité à l’instabilité

In Déconversion, Histoire de vie by Mélanie0 Comments

J’écrivais dans l’article « Ce qui a changé en moi depuis ma crise » :
J’avais une vie parfaite : un mari avec le cœur à la bonne place, un travail qui me faisait rêver, une superbe maison. Et pourtant, deux ans seulement après avoir acheté la maison, j’ai commencé à y étouffer. Je l’adorais, mais elle me pesait. Depuis plusieurs années, je rêvais de voyager plus, et de tenter l’expérience de vivre un an à l’étranger. Malheureusement, mes choix de vie de l’époque ne me permettaient pas d’aller au bout de ce rêve. Quand j’ai quitté, j’ai tout recommencé à zéro.

Dans les 6 premiers mois, j’ai déménagé 5 fois. J’étais incapable de signer un bail, ce qui aurait signifié pour moi de « m’engager » dans quelque chose, alors j’ai passé de chez ma meilleure amie, à chez une ancienne patronne, au Pérou, à chez mon cousin, j’ai monté des montagnes, etc. Après avoir joué à la girouette, j’ai compris qu’un bail pouvait être rompu ou cédé et j’ai décidé de me louer un petit studio au centre-ville avec le strict minimum en terme de meubles et de biens matériels (mais j’ai continué à monter des montagnes 😉 ). Mon lit, une table, un divan et voilà. Je n’avais pas grand chose mais j’avais plus que nécessaire. Je souhaitais vivre léger, ce qui allait m’aider à sauter sur toute occasion de partir pour du moyen terme.

Côté professionnel, j’étais incapable de travailler dans un domaine où je devrais m’investir personnellement. J’ai donc commencé à travailler à la cafétéria de l’Université de Sherbrooke. Ouf, quel moment d’humilité… Moi qui avais passé tant d’années à être dans cette même cafétéria pour y faire de l’évangélisation, j’y lavais maintenant les tables et y servais les repas, et certains me reconnaissaient ! « Vous n’êtes pas celle qui faisait des questionnaires sur la spiritualité…? » Difficile pour l’ego sur le coup, mais j’ai beaucoup aimé cet emploi.

J’ai décidé de retourner aux études afin de me sentir apte à me lancer dans l’enseignement comme travailleuse autonome. J’ai fait un certificat en langues modernes, puis ensuite j’ai commencé la maîtrise en éducation, dans l’espoir que des portes s’ouvriraient pour moi à l’étranger avec un diplôme d’études supérieures. En milieu de premier semestre, j’ai transféré à l’UQAR en psychosociologie suite aux encouragements d’un de mes professeurs.

En fait vous savez, j’avais ce que plusieurs vont qualifier de vie parfaite : un mari fidèle et aimant, une superbe maison, un travail fait sur mesure pour moi, une communauté soutenante, deux belles chattes, une voiture… Mais quand j’ai osé regarder mes désirs en face, ceux que je me cachais à moi-même, je me suis rendue compte que ce n’était pas ça que je voulais pour ma vie. L’aventure était – et est toujours – inscrite en moi et malheureusement, la vie que j’avais bâtie ne me permettait pas de suivre mon appel intérieur là où il me menait.

Peut-être suis-je encore dans cet élan d’envol, mais je sais qu’aujourd’hui encore je souhaite vivre léger. Après un an au Mexique, je suis habitée par des désirs que je trouve parfois contraires : désir de m’établir et d’avoir un chez moi que je trouve confortable, mais aussi désir que mes biens ne soient pas des chaînes qui me gardent au pays. Je sens que dans mon présent, je n’ai de vraie stabilité dans aucun domaine de ma vie, mais je suis vraiment bien là-dedans. Je n’ai jamais autant vécu dans le présent. Mais encore là, qu’est-ce qu’une « vraie stabilité »…?

En écrivant mon mémoire un pas à la fois, j’ai pris conscience de ma relation au cadre, de mon inconfort quand j’y suis contrainte, et de comment ce qui pousse en moi me pousse vers une voie qui n’est pas traditionnelle, tant en ce qui concerne ma vie professionnelle, amoureuse et personnelle. Je rêve de continuer dans cet appel missionnaire qui est dans mon cœur, mais vraiment différemment, ce qui me gardera dans un chemin de changement constant ; je rêve aussi de continuer à vivre avec peu et à faire confiance ; je rêve de vivre mon élan de liberté jusqu’au bout.

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